Assurance des moyens de paiement : ce qu’elle ajoute vraiment

La loi vous protège déjà contre la fraude : reste à savoir ce qu’une assurance ajoute

Nos conseillers regardent ce que votre carte inclut déjà avant de vous proposer quoi que ce soit.

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Trois choses se confondent sous le même mot. La protection légale, qui s’applique à tous et gratuitement. Les garanties incluses dans certaines cartes, que vous payez déjà sans toujours le savoir. Et l’assurance des moyens de paiement vendue à part, quelques euros par mois.

Cette page les sépare, dans cet ordre, parce que c’est le seul moyen de voir ce que la troisième ajoute vraiment.

Ce que la loi vous garantit, sans rien payer

C’est le point de départ, et il est beaucoup plus favorable qu’on ne le croit.

Un paiement que vous n’avez pas autorisé doit vous être remboursé. Dès que vous le signalez, la banque doit vous restituer les sommes, et elle ne peut refuser qu’en démontrant une négligence grave de votre part, ou une fraude de la vôtre. La charge de la preuve est sur elle, pas sur vous.

Les délais. Vous disposez de treize mois à compter du débit pour contester une opération non autorisée, ramenés à soixante-dix jours lorsque l’opération a eu lieu hors de l’Espace économique européen.

La franchise. Elle est nulle en cas d’usage frauduleux à distance, sans que la carte vous ait été volée, et nulle également pour tout ce qui se produit après votre opposition. Une franchise limitée peut rester à votre charge pour les opérations réalisées avant l’opposition avec la carte physique et le code.

⚠️ Retenez donc l’ordre des gestes : opposition d’abord, contestation écrite ensuite, plainte si nécessaire. C’est l’opposition qui arrête le compteur.

Ce qui est déjà inclus dans votre carte

Avant d’ajouter une assurance, lisez la notice de votre carte. Selon la gamme, elle porte déjà des garanties dont beaucoup de porteurs ignorent l’existence :

  • l’assistance et l’assurance voyage, rapatriement, frais médicaux à l’étranger, retard ou annulation, valables souvent à condition d’avoir payé le voyage avec la carte ;
  • la garantie des achats, casse ou vol dans un délai court après l’achat, et l’extension de garantie constructeur ;
  • la garantie neige et montagne, la protection des véhicules de location, selon les gammes ;
  • parfois la protection des moyens de paiement elle-même, incluse sur les cartes haut de gamme.

⚠️ Deux pièges classiques. Ces garanties s’appliquent presque toujours à condition que la dépense ait été réglée avec cette carte. Et elles sont plafonnées par sinistre et par an, avec des plafonds qui varient fortement d’une gamme à l’autre : c’est souvent là, plus que dans la cotisation, que se joue la différence entre deux cartes. Voir notre comparatif des cartes bancaires.

Ce que l’assurance vendue à part ajoute réellement

Une fois la loi et la carte prises en compte, il reste un périmètre étroit mais réel. Une assurance des moyens de paiement couvre en général :

  • la franchise légale qui peut rester à votre charge avant l’opposition ;
  • les clés et les papiers perdus ou volés avec le portefeuille, ainsi que leur refabrication, ce que ni la loi ni la banque ne couvrent ;
  • les espèces retirées peu avant une agression, sous des plafonds modestes ;
  • le téléphone sur certains contrats, et l’usurpation d’identité.

Autrement dit, le nom du produit est trompeur : l’essentiel de ce qu’il apporte ne concerne pas la fraude bancaire, qui est déjà couverte, mais les effets qui accompagnent le vol du portefeuille.

C’est à ce titre qu’il faut le juger, et non comme une protection contre la fraude.

Assurance bancaire ou cyberassurance : deux périmètres différents

La distinction revient souvent, et elle est simple.

L’assurance des moyens de paiement part d’un objet : la carte, le chéquier, les clés, les papiers. Elle intervient quand ces objets sont perdus ou volés.

La cyberassurance, elle, part d’un usage : hameçonnage, usurpation d’identité en ligne, rançongiciel, atteinte à la réputation. Elle comprend souvent une assistance juridique et une aide au nettoyage des comptes compromis, ce qui est parfois plus utile que l’indemnisation elle-même.

Les deux se recoupent sur un point, l’usurpation d’identité, et divergent partout ailleurs. Souscrire les deux sans lire les exclusions revient souvent à payer deux fois la même garantie et à laisser le vrai risque découvert.

Les gestes à faire en cas de fraude, dans l’ordre

  • Faites opposition immédiatement, par l’application ou le serveur d’opposition. C’est ce geste qui ramène la franchise à zéro pour tout ce qui suit ;
  • contestez par écrit auprès de la banque, en listant les opérations et leurs montants ;
  • déposez plainte, ou faites un signalement en ligne. Ce n’est pas toujours exigé pour le remboursement, mais cela ferme la discussion ;
  • surveillez les prélèvements pendant plusieurs semaines : des données volées ressortent souvent plus tard, et le délai de contestation court à chaque débit ;
  • si la banque refuse, saisissez son service réclamations, puis le médiateur bancaire. C’est gratuit, et cela aboutit plus souvent qu’on ne le croit.

Le chèque, le virement et le prélèvement

Le produit s’appelle « moyens de paiement » au pluriel, et la carte n’est pas le seul. Les règles diffèrent, et c’est là que l’assurance retrouve un peu d’utilité.

Le chèque. En cas de perte ou de vol, l’opposition se fait auprès de la banque et le chéquier doit être signalé. ⚠️ Un chèque falsifié et encaissé se conteste, mais la procédure est plus longue que pour une carte et la banque peut opposer un défaut de vigilance. Le délai pour agir est par ailleurs beaucoup plus long, jusqu’à cinq ans, ce qui est une bonne nouvelle mais n’accélère rien.

Le prélèvement. C’est le moyen le plus simple à contester : un prélèvement non autorisé peut être remboursé sur simple demande dans un délai de huit semaines, sans avoir à en justifier le motif. Au-delà, il faut démontrer l’absence de mandat, et le délai monte à treize mois.

Le virement. C’est le cas le plus difficile, parce qu’un virement que vous avez ordonné est irrévocable. Si vous avez été trompé par un faux conseiller bancaire, le remboursement n’est pas automatique : il se discute, parfois devant le médiateur. Une assurance des moyens de paiement ne couvre en général pas ce cas, et c’est utile de le savoir avant de compter dessus.

Les plafonds, le vrai critère de comparaison

Deux contrats au même prix mensuel peuvent indemniser dans un rapport de un à cinq. La cotisation n’est donc pas le bon critère : les plafonds le sont.

Quatre à vérifier, et ils figurent toujours dans le tableau de garanties :

  • le plafond par sinistre et le plafond annuel, qui ne sont pas le même chiffre ;
  • le sous-plafond pour les espèces, souvent très bas, parfois quelques centaines d’euros ;
  • le sous-plafond pour les clés et les papiers, qui est l’essentiel de ce que vous achetez ;
  • la franchise éventuelle par sinistre, qui peut absorber une petite indemnisation en entier.

⚠️ Regardez aussi le périmètre des personnes couvertes : selon les contrats, une même cotisation protège un porteur, ou l’ensemble du foyer et toutes ses cartes. C’est souvent l’écart le plus important entre deux offres, bien plus que la liste des garanties.

Enfin, comparez ce total à ce que vous payez déjà : la cotisation de votre carte inclut peut-être tout ou partie de ces garanties. Voir les frais bancaires.

Les questions qu’on nous pose sur l’assurance des moyens de paiement

Suis-je remboursé en cas de fraude à la carte ?

Oui, dans la très grande majorité des cas, et sans assurance particulière. Une opération non autorisée doit vous être remboursée, et la banque ne peut refuser qu’en prouvant une négligence grave de votre part. La franchise est nulle pour tout ce qui suit votre opposition.

Quel est le délai pour contester un prélèvement frauduleux ?

Treize mois à compter du débit, ramenés à soixante-dix jours si l’opération a eu lieu hors de l’Espace économique européen. Le délai court à chaque débit, donc surveillez votre compte plusieurs semaines après une fraude.

Cette assurance est-elle utile si ma carte est déjà haut de gamme ?

Rarement. Les cartes haut de gamme incluent souvent la protection des moyens de paiement, et parfois les clés et les papiers. Lisez la notice avant de souscrire : c’est le seul document qui tranche.

Que se passe-t-il si j’ai validé l’opération moi-même dans mon application ?

C’est le cas le plus difficile, parce qu’une opération validée est en principe une opération autorisée, même si vous avez été trompé. Les litiges aboutissent parfois, mais ils sont longs. Aucune banque ne vous demandera jamais de valider une opération pour l’annuler.

Mon assurance habitation couvre-t-elle mes clés et mes papiers ?

Souvent oui, au titre du vol, parfois avec un plafond. C’est à vérifier avant de payer une seconde garantie pour la même chose : voir assurance habitation.

Faut-il aussi une cyberassurance ?

Elles ne couvrent pas la même chose. L’assurance des moyens de paiement part des objets perdus ou volés ; la cyberassurance part des usages en ligne, hameçonnage et usurpation d’identité, avec une assistance juridique. Les deux se recoupent sur l’usurpation d’identité, et pas ailleurs.

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