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Locataire d’un nouveau logement : votre contrat d’électricité et de gaz

Le bail et le contrat d’énergie sont deux choses distinctes. Le bailleur vous remet un logement raccordé ; la fourniture d’électricité et de gaz, elle, se souscrit à votre nom, auprès du fournisseur que vous choisissez. Voici ce qui relève de vous, dans quel ordre le faire, et ce que change le cas des charges comprises.

Le bail et le contrat d’énergie sont deux choses distinctes, et c’est la première chose à savoir quand on emménage. Le bailleur vous remet un logement raccordé au réseau ; la fourniture d’électricité et de gaz, elle, se souscrit à votre nom, auprès du fournisseur que vous choisissez. Aucune agence, aucun propriétaire ne peut vous en imposer un.

Cette page suit l’ordre réel des choses : ce qui relève de vous, ce qu’il faut faire avant d’entrer, ce qu’il faut relever le jour de l’état des lieux, et ce qui change quand l’énergie est comprise dans les charges.

Ce qui vous incombe, et ce qui reste au bailleur

Le partage est simple à énoncer, moins à appliquer.

Au bailleur reviennent le logement et ses installations : le raccordement au réseau électrique et, s’il existe, au réseau de gaz, l’installation intérieure et son entretien, la chaudière quand elle est collective, et la conformité de tout cela. C’est aussi lui qui répond de la performance énergétique du logement, qui figure sur le diagnostic remis avec le bail.

À vous revient la fourniture : le contrat d’électricité, le contrat de gaz si le logement en est équipé, et les factures qui vont avec. Cela vaut même pour un bail meublé, même pour un logement que vous n’occuperez que dix mois, et même si le compteur est encore ouvert à l’arrivée.

Deux zones grises méritent d’être tranchées à l’entrée, par écrit :

  • Le chauffage collectif. S’il est collectif, vous ne le souscrivez pas : il arrive dans vos charges, et il est réparti selon les règles de l’immeuble. Vous gardez malgré tout un contrat d’électricité pour l’éclairage et les appareils.
  • L’eau chaude sanitaire. Elle peut être collective ou individuelle, et cela ne suit pas toujours le chauffage. Un ballon électrique dans un placard change beaucoup votre facture d’électricité : il pèse souvent plus qu’un réfrigérateur et un lave-linge réunis.

Si vous ne savez pas comment votre logement est chauffé, la réponse est dans le diagnostic de performance énergétique annexé au bail. Ce n’est pas un détail administratif : c’est ce qui décide si votre contrat d’électricité sera une petite ligne de budget ou la plus grosse.

Vous choisissez votre fournisseur, même en location

Un locataire a exactement les mêmes droits qu’un propriétaire occupant sur son contrat de fourniture. Il choisit son fournisseur, il change quand il veut, et il n’a de compte à rendre à personne.

Ce point se perd de vue parce que l’arrivée se fait dans l’urgence : on veut l’électricité le jour du déménagement, on appelle le premier numéro trouvé, et on reste des années sur ce contrat-là. Il n’est pas forcément mauvais, mais il n’a pas été choisi.

Deux choses valent la peine d’être sues avant de signer :

  • Changer de fournisseur ne coûte rien. L’article L. 224-15 du code de la consommation est explicite : « aucun frais ne peut être réclamé au consommateur au seul motif qu’il change de fournisseur ». Le compteur ne change pas, personne ne se déplace, il n’y a pas de coupure. Le nouveau fournisseur se charge de résilier l’ancien contrat.
  • Une souscription par téléphone ouvre un droit de rétractation de quatorze jours, sans motif à donner, décompté à partir de la conclusion du contrat pour une prestation de services (article L. 221-18 du code de la consommation, consulté sur Légifrance le 17 septembre 2026).

Autrement dit, vous pouvez parfaitement ouvrir un contrat vite pour avoir le courant à la date voulue, puis comparer tranquillement une fois installé. Le second geste est gratuit.

Enfin, rien n’oblige à prendre l’électricité et le gaz chez le même fournisseur. L’offre dite duale, qui regroupe les deux, se juge sur son prix, pas sur sa commodité.

La mise en service, dans l’ordre

Il y a deux situations très différentes derrière le mot « mise en service », et confondre les deux fait perdre des jours.

Le compteur est encore alimenté. C’est le cas le plus fréquent quand le logement vient d’être quitté. Il suffit alors d’ouvrir un contrat à votre nom : aucune intervention physique n’est nécessaire, et la bascule se fait à la date convenue.

Le compteur a été coupé. Un logement vacant depuis longtemps, une résiliation ancienne, et il faut une intervention du gestionnaire de réseau, Enedis pour l’électricité, GRDF pour le gaz. Avec un compteur communicant, elle se fait à distance et rapidement. Avec un compteur ancien, il faut un rendez-vous, donc un délai.

Sur les frais, une précision qui évite bien des malentendus : ils ne viennent pas du fournisseur mais du gestionnaire de réseau. Ils sont donc identiques quel que soit le fournisseur choisi, et leur montant dépend du délai demandé, une intervention express coûtant plus qu’une intervention standard. Le seul levier réel est de s’y prendre à l’avance.

Pour souscrire, on vous demandera l’adresse exacte du logement et l’identifiant du compteur : le point de livraison pour l’électricité, le point de comptage et d’estimation pour le gaz. Ils figurent sur une facture du locataire précédent, ou se lisent sur le compteur lui-même. Nous détaillons où les trouver sur la page consacrée au numéro de compteur et dans notre guide sur le numéro PCE. Les étapes pratiques sont décrites côté déménagement, pour l’électricité comme pour le gaz.

Le relevé de compteur, la seule preuve que vous aurez

Le jour de l’état des lieux, notez les index, et faites-les figurer sur le document signé. C’est un geste de trente secondes qui règle par avance le seul litige vraiment pénible en matière d’énergie : une première facture qui vous réclame la consommation de quelqu’un d’autre.

Ce qu’il faut relever :

  • En électricité, l’index en kilowattheures. S’il y a deux index, heures pleines et heures creuses, relevez les deux : votre contrat suivra probablement la même option.
  • En gaz, l’index en mètres cubes. Votre facture, elle, sera en kilowattheures : la conversion se fait par un coefficient qui dépend du pouvoir calorifique du gaz distribué chez vous et de l’altitude de la commune. Vous n’avez pas à le calculer, mais savoir qu’il existe évite de croire à une erreur.
  • Une photo du compteur, avec l’index lisible. C’est ce qui tranche un désaccord.

Avec un compteur communicant, le relevé remonte automatiquement et ce soin paraît superflu. Il ne l’est pas : la date de bascule du contrat et la date de votre entrée dans les lieux ne coïncident pas toujours, et l’index de l’état des lieux est alors la seule pièce qui fasse foi. Nous revenons sur la lecture des index dans notre page relevé de compteur.

La puissance souscrite est celle du locataire précédent

Quand vous reprenez un compteur, vous héritez d’un réglage : la puissance souscrite, exprimée en kilovoltampères, qui fixe le seuil au-delà duquel le disjoncteur coupe. Elle a été choisie par quelqu’un dont les appareils et les habitudes n’étaient pas les vôtres.

Or cette puissance se paie, et elle se paie dans l’abonnement. Sur la grille du tarif réglementé de vente d’électricité d’EDF applicable au 1er août 2026, en option Base, l’abonnement vaut 12,13 € par mois à 3 kVA et 15,86 € à 6 kVA, pour un prix du kilowattheure identique dans les deux cas, 0,2001 €. L’écart est donc de 3,73 € par mois, soit 44,76 € sur une année, et il ne dépend pas de ce que vous consommez : vous le payez même en étant absent.

Une puissance trop élevée coûte cet écart pour rien ; une puissance trop faible fait disjoncter dès que deux appareils lourds se croisent. Le bon réglage n’est pas le plus petit, c’est le plus juste, et il dépend de trois postes : le chauffage, la plaque de cuisson et l’eau chaude. Si les trois sont électriques, 3 kVA est hors de question ; s’ils sont au gaz, 3 kVA peut suffire. La puissance se change sans travaux, sur simple demande au fournisseur, et il est plus simple de partir sur la bonne valeur que de la corriger après.

Tarifs pour une puissance souscrite de 6 kVA en option « Base ».

Offres dont la grille tarifaire a été relevée chez le fournisseur, classées du kilowattheure le moins cher au plus cher dans le scénario affiché. L’abonnement figure en regard : à faible consommation, il peut renverser l’ordre.

OffreAbonnementPrix du kWh
Logo du fournisseur d'énergie TotalEnergiesOffre Access190,32€ TTC / an0,1837€ TTC
Alterna énergieMon électricité française211,92€ TTC / an0,1919€ TTC
Alterna énergieMon électricité française indexée TRVE211,92€ TTC / an0,1919€ TTC
Logo du fournisseur d'énergie Mint EnergieÉlectricité Classic & Green188,40€ TTC / an0,1937€ TTC
LabellenergieÉlectricité verte Constance214,44€ TTC / an0,1968€ TTC
LabellenergieÉlectricité verte Prudence184,32€ TTC / an0,1968€ TTC

Tarifs mis à jour le . Source

Partir sans traîner une facture

La sortie se prépare comme l’entrée, et la même pièce sert : l’index.

Prévenez votre fournisseur de la date de votre départ, communiquez-lui l’index relevé le jour de l’état des lieux de sortie, et conservez-en une trace. Ne résiliez pas « à la fin du mois » par approximation : la date de résiliation détermine ce que vous payez, et une semaine de décalage se retrouve sur la facture.

Ensuite, deux délais vous protègent, fixés par l’article L. 224-15 du code de la consommation : la facture de clôture arrive dans les quatre semaines suivant la résiliation, et le remboursement d’un éventuel trop-perçu intervient dans les deux semaines suivant l’émission de cette facture. Si vous payiez par mensualités, ce trop-perçu est fréquent, et il ne revient pas toujours sans qu’on le réclame.

Enfin, ne coupez pas le compteur en partant si un nouveau locataire arrive derrière vous : la résiliation de votre contrat suffit. Faire couper impose au suivant une remise en service, donc une intervention et des frais qui n’avaient pas lieu d’être. Les démarches sont détaillées sur nos pages résiliation et changement de locataire.

Les questions qu’on nous pose quand on emménage en location

Mon propriétaire peut-il m’imposer un fournisseur d’énergie ?

Non. Le contrat de fourniture est le vôtre, et le choix du fournisseur vous appartient, en location comme en propriété. Un bailleur peut vous indiquer qui alimentait le logement avant vous, ce qui est une information utile, pas une consigne. La seule exception réelle est le cas où l’énergie est comprise dans les charges : le contrat est alors au nom du bailleur, et c’est lui qui choisit.

Dois-je faire couper l’électricité avant de partir ?

Non, et il vaut mieux ne pas le faire. Résiliez votre contrat à la date de votre départ, en donnant l’index de sortie. Le compteur reste alimenté et le locataire suivant n’a qu’à ouvrir un contrat à son nom. Faire couper obligerait à une remise en service, avec l’intervention et le délai qui vont avec.

Combien coûte la mise en service à l’arrivée ?

Le montant ne vient pas du fournisseur mais du gestionnaire de réseau, Enedis ou GRDF, et il est donc identique quel que soit le fournisseur choisi. Il dépend du délai demandé : une intervention standard coûte moins qu’une intervention express. Comme ce tarif est révisé périodiquement, demandez le montant applicable à votre situation au moment de souscrire plutôt que de vous fier à un chiffre lu en ligne.

Puis-je changer de fournisseur en cours de bail ?

Oui, à tout moment, sans frais et sans coupure. L’article L. 224-15 du code de la consommation interdit de vous facturer quoi que ce soit au seul motif du changement. Le compteur reste le même, aucune intervention n’est nécessaire, et c’est le nouveau fournisseur qui résilie l’ancien contrat.

Je n’ai pas relevé l’index en arrivant, est-ce grave ?

Ce n’est pas irréparable, mais vous perdez votre meilleur argument si la première facture vous paraît trop élevée. Relevez l’index aujourd’hui, notez la date, et comparez avec l’index de départ figurant sur votre première facture. Si l’écart ne ressemble pas à votre usage, contestez en vous appuyant sur ce relevé et sur la date de votre entrée dans les lieux.

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