Cette page part du chiffre qui a tout changé, puis répond à la seule question qui compte encore : quelle part de votre production consommerez-vous vraiment ? C’est elle qui décide de la rentabilité, pas la puissance des panneaux ni la surface du toit.
Ce que l’État rachète aujourd’hui, et ce qu’il rachetait hier
Le tarif de rachat du surplus, pour une installation de moins de 9 kilowatts-crête, c’est-à-dire le cas d’une maison, a suivi cette trajectoire :
- 10,00 c€/kWh d’octobre 2021 à l’été 2022 ;
- 13,39 c€/kWh en mai 2023, le sommet ;
- 4,00 c€/kWh à partir du 28 mars 2025, soit une chute de 70 % d’un trimestre à l’autre ;
- 1,1 c€/kWh depuis le 5 juin 2026.
Soit − 92 % en trois ans. Les valeurs jusqu’au 4 juin 2026 viennent des grilles tarifaires publiées en données ouvertes par la Commission de régulation de l’énergie ; le tarif actuel vient de l’arrêté du 1er juin 2026, qui institue un tarif unique pour toutes les installations jusqu’à 100 kWc, indexé de 2 % par an sur la durée du contrat.
Le même arrêté supprime la prime à l’investissement. Elle valait 0,51 € par watt-crête au printemps 2023 pour une installation de moins de 3 kWc, puis 0,08 € depuis mars 2025. Elle ne se demande plus.
La conséquence : produire pour soi, plus pour revendre
Faisons le calcul dans le bon sens. Un kilowattheure que vous vendez vous rapporte 1,1 centime. Le même kilowattheure, si vous le consommez au moment où il est produit, vous évite d’acheter un kilowattheure au tarif de votre contrat, qui se compte en dizaines de centimes.
Autrement dit, un kilowattheure autoconsommé vaut plus de quinze fois un kilowattheure vendu. Tout le reste de cette page découle de ce rapport.
Trois conséquences pratiques, et elles vont à l’encontre de ce qu’on entend encore :
- Ne dimensionnez pas sur votre toit, dimensionnez sur votre consommation de journée. Une installation surdimensionnée produit beaucoup, revend beaucoup, et rapporte peu.
- Décaler vos usages est devenu le meilleur investissement. Chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle et recharge de véhicule programmés en milieu de journée coûtent zéro euro et augmentent directement le rendement.
- La revente totale n’a plus de sens pour un particulier. Elle visait un rendement financier qui n’existe plus à ce tarif.
Ce qui décide vraiment de la rentabilité
Quatre facteurs pèsent plus que le prix du matériel.
Votre taux d’autoconsommation. C’est la part de votre production que vous consommez vous-même, et c’est désormais le seul levier qui compte. Il dépend moins de vos panneaux que de vos horaires.
Votre profil de consommation. Un foyer absent toute la journée autoconsomme peu, sauf à programmer ce qui peut l’être. C’est souvent le levier le moins cher, et il ne coûte qu’un réglage.
L’orientation, l’inclinaison et l’ombre portée. Un arbre ou une cheminée qui ombrage une partie du champ pénalise plus qu’on ne l’imagine, selon le câblage retenu.
Le prix de l’électricité que vous n’achetez plus. C’est lui qui fait l’économie, donc comparer son contrat reste utile même avec des panneaux : voir notre page électricité et l’estimation de votre consommation.
Autoconsommation, revente du surplus, ou les deux
Trois montages existent, et un seul garde vraiment du sens.
L’autoconsommation avec revente du surplus reste le montage courant : vous consommez ce que vous pouvez, le reste part sur le réseau et vous est racheté au tarif ci-dessus. Le contrat d’achat est garanti vingt ans, et c’est cette garantie qui compte davantage que son niveau du moment.
L’autoconsommation totale, sans revente, devient défendable : à 1,1 centime, la valeur du surplus ne justifie plus toujours les démarches de raccordement en injection. À discuter avec l’installateur selon votre profil.
La revente totale visait un rendement financier. Elle n’a plus d’intérêt pour un particulier.
Reste une piste à connaître : le stockage, physique par batterie ou virtuel, qui consiste à décaler la consommation plutôt que la production. Son intérêt monte mécaniquement quand le rachat baisse, mais son coût reste à vérifier au cas par cas.
Comparer deux devis sans se tromper de ligne
Un devis solaire se lit dans cet ordre.
La production annuelle estimée, en kilowattheures, et la méthode qui la fonde. Une estimation qui ne cite ni l’orientation, ni l’inclinaison, ni les masques d’ombre n’est pas une estimation.
Le taux d’autoconsommation retenu. C’est l’hypothèse la plus sensible du calcul, et celle qu’on gonfle le plus facilement. Depuis juin 2026, c’est aussi celle qui décide de tout : demandez sur quoi elle s’appuie.
⚠️ Méfiez-vous d’un devis qui chiffre encore une prime à l’investissement ou un rachat à 4 ou 13 centimes. Soit il est antérieur à juin 2026, soit il vous vend un calcul qui n’existe plus.
Ce que le prix comprend : matériel, pose, démarches de raccordement, mise en service, et la garantie décennale du poseur.
Les garanties, séparément : celle des panneaux, celle de l’onduleur, celle de production. Elles n’ont ni la même durée ni le même porteur, et l’onduleur est la pièce qui se remplace en premier.
Les démarches, dans l’ordre
Une installation sur toiture demande une déclaration préalable de travaux en mairie, et l’avis de l’architecte des Bâtiments de France en secteur protégé : voir notre guide sur l’autorisation de poser des panneaux.
Vient ensuite la demande de raccordement auprès du gestionnaire de réseau. ⚠️ C’est sa date de dépôt complet qui fixe votre tarif pour vingt ans, pas la date de mise en service ni celle de la signature du devis.
Puis la mise en service, le contrat d’achat si vous revendez, et la déclaration de votre installation. Le compteur, lui, doit savoir compter dans les deux sens : voir le fonctionnement du compteur Linky avec des panneaux.
Ces délais s’additionnent : entre la signature et la première production, il s’écoule plusieurs mois, et c’est normal.
Les questions qu’on nous pose sur le solaire
Le solaire est-il encore rentable en 2026 ?
Oui, mais pour une autre raison qu’avant. Ce n’est plus la revente qui paie, à 1,1 centime le kilowattheure, c’est l’électricité que vous n’achetez plus. La rentabilité dépend donc de votre taux d’autoconsommation, c’est-à-dire de vos horaires, et non de la taille du toit.
Combien rapporte la revente du surplus aujourd’hui ?
1,1 centime d’euro par kilowattheure, tarif unique institué par l’arrêté du 1er juin 2026 pour toutes les installations jusqu’à 100 kWc, pour les demandes de raccordement déposées à compter du 5 juin 2026. Il est indexé de 2 % par an pendant les vingt ans du contrat.
La prime à l’autoconsommation existe-t-elle encore ?
Non. Elle est supprimée depuis le 5 juin 2026. Elle valait 0,51 € par watt-crête au printemps 2023, puis 0,08 € à partir de mars 2025. Un devis qui la chiffre encore s’appuie sur un barème disparu.
J’ai déjà des panneaux : mon tarif va-t-il baisser ?
Non. Votre tarif est celui de la date de votre demande complète de raccordement, et il est garanti vingt ans. Les baisses ne s’appliquent qu’aux nouvelles demandes.
Faut-il installer une batterie ?
La question se pose davantage qu’avant : plus le rachat est faible, plus il vaut mieux stocker que vendre. Mais une batterie coûte cher et se remplace, donc le calcul doit porter sur sa durée de vie, pas sur la seule économie annuelle. À chiffrer au cas par cas.
Quelle puissance choisir ?
Celle qui correspond à votre consommation de journée, pas celle que le toit permet. Depuis que le surplus ne vaut plus rien, chaque kilowatt-crête installé au-delà de vos besoins allonge le temps de retour au lieu de le raccourcir.


