Assurance habitation et auto : pourquoi votre cotisation monte encore
Une part de la hausse de votre cotisation ne vient pas de votre assureur : elle est fixée par arrêté. La surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % en habitation au 1er janvier 2025. Le reste se négocie, et se compare.
Vous avez reçu votre avis d’échéance et la cotisation a encore monté. Avant d’appeler votre assureur, il faut savoir qu’une partie de cette hausse ne dépend pas de lui : elle est fixée par l’État, et elle s’applique à tous les contrats, quel que soit l’assureur.
Distinguer les deux est le seul moyen de savoir ce qui se discute et ce qui ne se discute pas.
La part réglementaire : la surprime catastrophes naturelles
Tout contrat d’assurance habitation ou automobile comporte une garantie catastrophes naturelles, obligatoire, financée par une surprime prélevée sur votre cotisation. Son taux n’est pas fixé par l’assureur mais par arrêté ministériel.
L’arrêté du 22 décembre 2023 l’a relevée, avec effet au 1er janvier 2025 :
- en habitation et en risques professionnels, de 12 % à 20 % de la prime ;
- en automobile, de 6 % à 9 %.
Concrètement, sur une cotisation habitation dont la part assurable est de 300 €, la surprime passe de 36 € à 60 €, soit 24 € de plus par an, sans que la moindre garantie ait changé.
La raison est assumée : le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles ne couvrait plus ses dépenses face à la multiplication des sécheresses, inondations et épisodes de grêle. Le relèvement apporte environ 1,2 milliard d’euros par an de capacité supplémentaire. Le Sénat notait dès l’adoption que ce relèvement, nécessaire, ne suffirait probablement pas à équilibrer le régime dans la durée : d’autres hausses ne sont donc pas à exclure.
La part commerciale : ce que votre assureur décide
Le reste de la hausse vient de l’assureur, et il varie fortement d’un contrat à l’autre. Pour 2026, deux cabinets d’actuariat publient des estimations proches sans être identiques :
- Facts & Figures anticipe 4 à 6 % en habitation et 4 à 5 % en automobile ;
- Addactis retient une fourchette plus haute, 7 à 8 % en habitation et 4,5 à 5,5 % en automobile.
⚠️ Ce sont des moyennes de marché, pas votre facture. L’écart entre assurés est considérable : votre commune, votre sinistralité, l’ancienneté du contrat et le type de logement pèsent bien plus que la moyenne nationale. Deux voisins peuvent recevoir l’un une hausse de 2 %, l’autre de 15 %.
Ce que vous pouvez faire, et à quel moment
Le droit français est ici plutôt favorable à l’assuré, à condition de connaître deux règles.
Après un an de contrat, vous résiliez quand vous voulez. C’est la loi Hamon, et elle vaut pour l’auto comme pour l’habitation. Pas de préavis à respecter, pas de frais, pas de motif à donner. Le nouvel assureur se charge en général des formalités auprès de l’ancien.
Une hausse de tarif ouvre parfois un droit de résiliation immédiat, avant même un an, si votre contrat le prévoit. Cette clause figure dans les conditions générales, sous un intitulé du type « révision de la cotisation ». Elle n’est pas systématique : il faut la vérifier.
⚠️ Et une mise en garde qui vaut d’être écrite : une cotisation plus basse n’est pas une bonne affaire en soi. Le jour du sinistre, ce sont les franchises, les plafonds d’indemnisation et les exclusions qui décident de ce que vous touchez. Un contrat habitation qui exclut le dégât des eaux par infiltration, ou qui plafonne le mobilier à un montant sans rapport avec ce que vous possédez, coûte très cher une seule fois.
Les trois points à comparer avant le prix
Si vous décidez de changer, regardez ces trois lignes dans cet ordre, avant même la cotisation :
- La franchise, et en particulier la franchise catastrophe naturelle, qui est légale et identique partout : 380 € pour un bien à usage d’habitation. Celles qui se comparent sont les autres.
- Les plafonds d’indemnisation du mobilier et des objets de valeur. C’est la ligne la plus souvent sous-évaluée, et celle qui se voit le moins à la souscription.
- Les exclusions, notamment sur le vol sans effraction, les dommages électriques et les extérieurs.
Nous ne comparons pas les contrats d’assurance en ligne sur ce site. La mise en relation se fait par téléphone, avec un conseiller qui reprend ces trois points avec vous à partir de votre contrat actuel.
FAQ
Pourquoi ma cotisation augmente-t-elle alors que je n’ai pas déclaré de sinistre ?
Parce qu’une partie de la hausse est réglementaire : la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % en habitation au 1er janvier 2025, par arrêté, indépendamment de votre dossier. Le reste relève de la politique tarifaire de votre assureur.
Puis-je résilier mon assurance à cause d’une hausse de tarif ?
Après un an de contrat, oui, à tout moment et sans frais, grâce à la loi Hamon. Avant un an, seulement si vos conditions générales prévoient une clause de résiliation en cas de révision de la cotisation.
De combien les tarifs augmentent-ils en 2026 ?
Les cabinets d’actuariat annoncent des moyennes de marché de 4 à 8 % en habitation et de 4 à 5,5 % en automobile selon les sources. Votre hausse personnelle peut être très différente : elle dépend de votre commune, de votre sinistralité et de votre contrat.
La franchise catastrophe naturelle est-elle négociable ?
Non. Elle est fixée par la loi, à 380 € pour un bien à usage d’habitation. Les autres franchises, elles, varient d’un contrat à l’autre et se comparent.